Pourquoi tant de travail?

Ça ne pourrait pas être simple non? Juste avoir du plaisir avec quelqu’un? Pourquoi c’est si compliqué?

La réponse est simple: plus nous vieillissons, plus nous devenons des champs de mines sur lesquelles tout peut sauter au moindre contact. Brossons un bref et incomplet tableau de ce qui nous attend.

  • Notre passé. Les traumatismes de notre jeunesse sont autant de boutons sur lesquels l’autre, le plus souvent involontairement, appuiera et nous fera sauter.
  • Les expériences désagréables dans nos relations passées. On ne veut simplement plus revivre quelque chose comme ça.

Ces deux points sont similaires d’une certaine façon. Tous nos sabotages proviennent d’expériences passées avec nos parents, nos frères et sœurs, les bullies de l’école, les vexations au travail, etc. Nous sommes couverts de boutons-poussoirs. Il est inévitable, de façon fortuite ou délibérée, que l’autre pèse sur un bouton un jour ou l’autre.

C’est pourquoi on lit tellement, sur les réseaux de rencontres, que telle personne recherche quelqu’un qui a réglé son passé. C’est devenu la norme.

Est-ce réaliste d’avoir réglé son passé? Je ne pense pas. Peu importe la thérapie, peu importe le temps passé sur le divan du psy, je ne pense pas qu’on puisse y arriver complètement, encore moins seul. Je crois cependant qu’on peut arriver à vivre avec son passé en s’attrapant à temps, avant de dire la grosse bêtise, la parole irréversible et de franchir le point de non retour. On peut apprendre à regarder nos pensées avant de mettre un haut-parleur sur nos pensées.

Un couple est un avion qui se bâtit en plein vol. Je sais, ça semble débile. Ça ne l’est pas si vous considérez, par exemple, le couple comme un voyage. Est-ce que le voyage de votre vie consiste à passer le temps en attendant la destination? Pensez-y: la destination de ce voyage est la mort. Il est donc intéressant de prendre goût au voyage et de voir comment on peut le rendre plus intéressant avant d’arriver à la dernière gare.

Comme n’importe quel voyage, il est plus stimulant de partager les beaux paysages et les couchers de soleil avec quelqu’un qui vous renvoie la félicité du moment dans laquelle vous baignez.

Je vois donc deux bénéfices importants. Le premier est l’immense contribution qui découle d’être engagé à transformer les pannes en occasions d’évoluer, au lieu de voir les pannes comme des preuves que vous n’êtes pas faits l’un pour l’autre. C’est un point que je reprends dans d’autres chapitres.

Je dirai donc que le plus grand bénéfice, le plus grand plaisir d’être en relation vient du sentiment de ne pas être seul. Je suis constamment connecté avec Christine même quand elle n’est pas dans les parages. Elle vit dans ma tête, elle vit dans mon cœur. Je ne réalisais pas toute la puissance de la connexion jusqu’à ce que j’en fasse l’expérience. Cette connexion paisible, sécuritaire, solide. C’est la raison d’être de tout ce travail. Et quand ça vous arrive, ça n’a pas de prix. 

La comparaison la moins médiocre que j’ai est semblable à ce qu’on ressent quand l’internet flanche. Nous sommes devenus accros à nos réseaux sociaux, aux courriels, aux textos, nous sommes dépendants de notre connexion au bureau pour plusieurs. Les sentiments qu’on ressent quand ça arrive sont l’impuissance, la contrariété et l’irritation.

Ne pas être connecté amoureusement crée un vide inconscient que l’on ressent davantage lorsqu’on est seul, et qui est un peu notre condition par défaut, car être connectés en amour nous fait connaître l’expérience de l’absence de vide. Cette absence de vide devient une présence qui nous enrichit et nous transforme en la meilleure version de nous-mêmes.

Pourquoi tout ce travail? Parce que je finis par m’aimer moi-même à force de travailler à surmonter les obstacles et d’aimer Christine, cette personne dont je respecte l’amour, dont l’amour a de la valeur. Pour aimer, il faut savoir ce qu’est l’amour. Mon amour pour elle m’est reflété: Christine n’aime pas un imbécile. Ça dit quelque chose d’important à mon sujet, qu’il me faut accepter et reconnaître, sinon je deviens un trou noir et non un miroir. Je n’ai pas le choix que de me regarder dans le miroir avec ses yeux. Le bénéfice de cette transformation, au final, est de m’aimer moi-même (que je le réalise ou pas), ce qui honore l’amour que Christine a pour moi.

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